Parents
Pour vous parents, nous savons que la naissance prématurée de votre enfant est une expérience difficile et angoissante. Vous n’étiez certainement pas préparés à cette naissance précoce et vous vous sentez peut-être démunis face à la situation.
Ce site a pour objectif de vous aider à trouver votre place auprès de votre enfant en vous expliquant comment vous pouvez l’aider et le soutenir dans son développement. Votre bébé est né prématurément et il a besoin de nombreux soins médicaux et infirmiers mais sachez que c’est vous, ses parents, qui lui apportez l’environnement le plus rassurant pour l’aider à grandir.
C’est pour cela que vous pouvez, si vous le souhaitez, être actifs et impliqués dans sa prise en charge. Vous pouvez vous rapprocher de lui à travers la stimulation de sa sphère oro-faciale pour l’aider à découvrir les différents plaisirs liés à l’oralité et donc à sa bouche et à son alimentation. Vous pourrez ainsi établir avec lui des liens très forts et réciproques.
Ces stimulations lui permettront aussi de s’entraîner à téter et au fil des jours, il deviendra plus compétent et capable de prendre le biberon ou le sein, jusqu’au jour où il n’aura même plus besoin de sa sonde.
Il sera
alors prêt à rentrer à la maison.
L’alimentation du bébé prématuré et ses conséquences
Bien souvent, à la naissance, le bébé prématuré n’a pas encore acquis un réflexe de succion-déglutition-ventilation suffisamment compétent pour pouvoir s’alimenter au sein ou au biberon. Il n’est pas assez mature et a encore besoin d’entraînement. De plus, cela lui demande trop d’efforts et le fatigue beaucoup. En attendant, il doit être nourri « artificiellement », c’est-à-dire par sonde. Il s’agit d’un petit tuyau fin, passant généralement par le nez (plus rarement par la bouche) pour aller jusqu’à l’estomac. Il est fixé par des sparadraps appelés « moustaches ».
Malheureusement,
ce type
d’alimentation va perturber le développement de son
oralité : il va être
privé de nombreuses expériences orales et sensorielles,
ne pourra pas
s’entraîner à téter et aura un vécu
désagréable concernant sa sphère buccale,
ce qui va entraîner un mauvais investissement de celle-ci.
Par
ailleurs, la durée d’hospitalisation du bébé prématuré est très souvent
conditionnée par son autonomie alimentaire. Ainsi, plus vite il acquiert un bon
réflexe de succion-déglutition-ventilation, plus vite il peut s’alimenter seul
et plus tôt il peut quitter l’hôpital pour rejoindre sa famille à la maison.
Pour tout
cela, il va être important d’aider votre bébé à développer plus rapidement son
réflexe de succion-déglutition-ventilation pour qu’il puisse s’alimenter seul,
sans sonde.
Vous pouvez l’aider
Pour
acquérir plus rapidement un réflexe de succion-déglutition-ventilation
coordonné, votre bébé a besoin d’être stimulé. Ce que l’on appelle stimulations
oro-faciales sont des contacts effectués sous forme de pressions appuyées,
orientées autour de sa bouche et visant à exercer ses réflexes. Vous pouvez
vous-même les réaliser.
Ces
stimulations se font lorsque l’enfant est en éveil, dans l’idéal avant
l’alimentation ou pendant la nutrition artificielle. Vous pouvez également
profiter d’un moment de peau à peau pour stimuler votre bébé. Il doit être
placé de façon à ce que vous puissiez avoir des échanges à travers le regard.
Il doit avoir la tête maintenue et se sentir enveloppé dans une position
sécurisante et confortable pour lui, mais aussi pour vous.
Quand ?
Vous pouvez pratiquer ces stimulations dès que votre bébé est capable d’en profiter.
Dans les tous premiers jours, votre enfant peut avoir quelques difficultés à s’adapter à son nouvel environnement et lui proposer des stimulations peut être encore trop fatiguant pour lui, surtout s’il est toujours en couveuse. Vous pourrez donc, dans un premier temps, entrer en contact avec lui en lui proposant votre doigt à serrer, en posant vos mains sur son corps, en le caressant.
Dès que son état le permet, c’est-à-dire lorsqu’il est dit « stable », vous pouvez demander à réaliser ces stimulations.
Les
premières fois, vous pouvez éprouver quelques craintes et ne pas avoir assez
confiance en vous, c’est normal. Une puéricultrice ou une orthophoniste restera
à vos côtés pour vous montrer les bons gestes à pratiquer. Puis, au fur et à
mesure, elle pourra s’effacer pour vous laisser profiter de ce moment
d’échanges. Cependant, elle ne sera jamais loin si vous avez besoin d’aide ou
de conseils.
ATTENTION :
Les stimulations sont des gestes proposés à votre bébé et non imposés. S’il se sent mal ou que la situation est difficile pour lui, il peut vous le faire comprendre :
- Il cambre son dos en arrière
- Il fronce ses sourcils et grimace
- Il étend ses jambes et ses bras en l’air
- Il écarte ses doigts et ses orteils
- Il gémit ou pleure
- Il baille ou a le hoquet
- Il détourne le regard car il est trop fatigué pour continuer l’échange
Les stimulations
Ce
programme s’adresse à des bébés stabilisés, à partir de 32 semaines d’âge
gestationnel.
Il est
conseillé de réaliser ces stimulations plusieurs fois par jour, lorsque cela
vous est possible et seulement si vous en ressentez l’envie.
Informez
les puéricultrices, le médecin ou l’orthophoniste de votre souhait de pratiquer
ces stimulations, ils pourront vous accompagner dans cette démarche.
1- La prise de contact :
Réalisez des petits massages circulaires dans la paume de la
main de votre bébé puis remontez le long du bras jusqu’à son oreille. Faites
des caresses sur son front jusqu’à l’autre oreille. Il sera alors averti que
vous allez commencer.

2- Le réflexe de fouissement :
Ce réflexe permet à votre bébé de s’orienter vers la
nourriture. Caressez-lui le coin de la lèvre gauche, attendez qu’il tourne la
tête de ce côté, puis stimulez l’autre coin.
3- Les points cardinaux :
Exercez de légères pressions avec votre index sur ses joues,
puis sur le tour de ses lèvres. Là aussi, votre bébé se tourne vers le côté
stimulé à la recherche de nourriture.
4- Massages circulaires des joues :
Ils se réalisent de l’arrière vers l’avant, et du bas vers
le haut sur une joue, puis sur l’autre. Votre bébé va pivoter la tête du côté
que vous stimulez. Ce mouvement va permettre une décontraction des joues.
5- La succion :
Arrivé à cette étape, vous pouvez introduire votre petit
doigt en bouche, sur la langue et attendre que la succion se mette en marche
pour que votre bébé tète votre doigt. Vous pouvez également lui proposer une
tétine. Si vous êtes en peau à peau avec lui et que vous avez pour projet
d’allaiter, vous pouvez même essayer de lui proposer votre sein.
6- Pour finir :
Vous pouvez terminer les stimulations par des caresses sur le visage, des paroles et un câlin.
Petit mais presque costaud !
Votre bébé
doit vous sembler bien petit et fragile. Pourtant, il est déjà capable de faire
de nombreuses choses. Les stimulations proposées mettront en avant les
capacités de votre bébé qui est déjà plein de ressources !
Il
reconnaît et apprécie votre voix lorsque vous lui parlez pendant les
stimulations et il comprend beaucoup de choses à travers les différentes
mélodies que vous utilisez. Il se souvient également de votre odeur et de la
façon dont vous le portez. Lorsque vous lui parlez, il lui arrive de plonger
son regard dans le vôtre comme pour vous répondre. Il sait aussi se manifester
et dire à sa façon quand ça ne va pas et quand il veut qu’on le laisse se
reposer : ses sourcils se crispent, ses bras et ses jambes se tendent, il
pleure…
De plus,
ses réponses motrices aux différentes stimulations vous montrent qu’il a déjà
de nombreuses capacités et si pour le moment il n’y réagit pas beaucoup, c’est
qu’il a encore sûrement besoin d’un peu de temps.
Enfin, à la
fin des stimulations, vous aurez peut-être la surprise et le plaisir de le voir
agripper votre doigt pour le téter. Cela le réconforte et l’apaise.
Infos sur le site:
© 2007-2008 Clemence Fel, Orthophoniste.